Les Échanges de Biens France-Québec en 2020

Publication du service économique de Montréal

Comme attendu, la crise sanitaire débutée en mars 2020 aura eu un impact majeur sur le niveau des échanges de biens entre la France et le Québec. Cette crise et ses conséquences économiques mettent fin à 3 années consécutives de forte croissance des ventes françaises. Selon les chiffres de l’Institut de la Statistique du Québec (1), les exportations de produits français vers le Québec s’établissent à 3,28 Mds CAD (2,1 Mds € (2)) en 2020, en baisse de 14,3 % par rapport à 2019. En revanche, résistant mieux à la crise, les ventes de produits québécois en France ne connaissent qu’une baisse plus légère (-1,9 %). Le secteur aéronautique reste très important pour les 2 partenaires (24 % des échanges totaux). Du côté des produits français, les industries vinicoles, pharmaceutiques et cosmétiques constituent les autres principaux secteurs d’exportation alors que du côté québécois, ce sont surtout les exportations de minerais de fer qui mènent les échanges. Le Québec demeure en 2020 la principale province partenaire de la France au Canada (47,5 % des échanges France-Canada) devant l’Ontario (31,2 %). Parmi les pays de l’Union Européenne, la France est maintenant le 2nd fournisseur du Québec (derrière l’Allemagne) et le 3ème client (derrière l’Allemagne et les Pays-Bas).

 

Des échanges en baisse notamment marqués par la forte diminution des exportations françaises :

Sans grande surprise, l’année 2020 met fin à 3 années consécutives de forte croissance des échanges de biens entre la France et le Québec. Selon les données de l’Institut de la Statistique du Québec (ISQ), ils ont diminué de 10,8 % à 4,77 Mds CAD (3,12 Mds € ) (à peu près leur valeur de 2018 : 4,81 Mds CAD) sous l’effet principalement de la baisse des exportations de produits français au Québec qui chutent de 14,3 % passant de 3,83 Mds CAD (2,50 Mds €) à 3,28 Mds CAD (2,15 Mds €). Il s’agit d’une baisse à peu près comparable à la baisse des exportations françaises au niveau mondial (‑15,9 % selon les douanes françaises) mais plus limité que la baisse globale des exportations françaises au Canada (- 25,7 % selon l’ISQ).

 Les exportations québécoises vers la France baissent légèrement (-1,9 %) à 1,49 Md CAD (971 M €). Il s’agit d’une bonne performance dans le contexte de 2020 : cette baisse est moins forte que celles des exportations mondiales québécoises (-8,5 %).

 Le solde des échanges reste positif en faveur de la France (1,80 Md CAD (1,18 Md €)) mais l’excédent se réduit significativement (-22,4 %). 

 

 Les difficultés du secteur aéronautique ne permettent pas aux exportations françaises de redécoller à la fin des mesures de confinement

Selon l’ISQ, quatre grandes catégories de biens représentent, en 2020, plus de 75 % des exportations françaises au Québec :

  • MATÉRIEL DE TRANSPORT (dont plus de 90 % provenant de la navigation aérienne ou spatiale) : 22,1% des ventes françaises au Québec à 724 M CAD (473 M €) en baisse de 27,2 % par rapport à 2019.
  • PRODUITS DES INDUSTRIES CHIMIQUES ET DES INDUSTRIES CONNEXES (dont environ 50 % de produits pharmaceutiques et 30 % de produits de beauté, maquillages et parfums) : 19,7% des ventes à 647 M CAD (423 M €) en baisse de 4,8 % par rapport à 2019.
  • PRODUITS ALIMENTAIRES, BOISSONS, ALCOOLS, VINAIGRES ET PRODUITS DU TABAC (dont près de 80 % provenant des boissons alcoolisées – NB : les fromages sont dans une autre catégorie : ANIMAUX VIVANTS ET PRODUITS DU RÈGNE ANIMAL): 19,4 % à 636 M CAD (416 M €) en hausse de 6,0 % par rapport à 2019.
  • MACHINES, APPAREILS ET ÉQUIPEMENTS MÉCANIQUES, ÉLECTRIQUES OU ÉLECTRONIQUES (dont notamment des turboréacteurs pour l’industrie aéro) : 15,1 % des ventes françaises à 495 M CAD en baisse de 28,6 % par rapport à 2019.

 Traditionnellement, c’est la vigueur du secteur aéronautique qui oriente l’évolution des échanges du côté des 2 partenaires : le secteur représente près de 25 % des échanges France-Québec et est sujet à d’importantes variations annuelles. En 2020, la majeure partie de la baisse de 548 M CAD (-358 M €) des exportations francaises s’explique par les mauvais résultats du secteur aéronautique et des secteurs industriels qui y sont reliés (mécaniques, électriques). On peut rappeler que l’industrie aéronautique du Québec n’a pas été considérée comme « essentielle » par le gouvernement du Québec et a dû interrompre toutes ses activités durant un confinement strict de 8 semaines entre mars et mai 2020.

 Les baisses des secteurs aéronautiques et industriels ne peuvent être compensées par les gains des 5 secteurs français qui performent le mieux :

  • Boissons, liquides alcooliques, vinaigres      (+6,0 %)
  • Produits pharmaceutiques  (+4,8 %)
  • Produits chimiques organiques (+31,8 %)
  • Matières plastiques et ouvrages en ces matières (+14,3 %)
  • Produits de la laiterie, œufs, miel (+7,7 % )

 

Les exportations québécoises vers la France résistent bien à la crise

Au niveau des importations françaises de produits québécois en France, 3 grandes catégories représentent près de 75 % des importations :

  • MATÉRIEL DE TRANSPORT (dont près de 95 % proviennent de la navigation aérienne ou spatiale) : 28,5 % des importations de produits québécois à 418 M CAD (273 M €) en hausse de 147,7 % par rapport à 2019 
  • PRODUITS MINÉRAUX (presqu’exclusivement minerais de fer et leurs concentrés) : 28,4 % des importations à 417 M CAD (273 M €) en baisse de 1,8 % par rapport à 2019.
  • MACHINES, APPAREILS ET ÉQUIPEMENTS MÉCANIQUES, ÉLECTRIQUES OU ÉLECTRONIQUES (Surtout turboréacteurs (33 %) et accumulateurs électriques (15 %)) : 17,8 % des importations à 261 M CAD (170 M €) en baisse de 41,4 % par rapport à 2019.

Comme pour les exportations françaises, ce sont les variations des 2 mêmes catégories du secteur aéronautique qui expliquent l’essentiel de l’évolution des échanges. Même si les exportations de la catégorie « Minerais, scories et cendres » sont en légère hausse (+ 5,8 % ; +23 M CAD (+15 M €)), les variations majeures en valeur absolue se concentrent en effet dans le secteur aéronautique :

  • dans la catégorie Navigation aérienne ou spatiale : + 182,7 % ; + 251 M CAD (164 M €(la sous-catégorie « véhicule aérien » qui était nulle en 2019 passe à 277 M CAD (181 M €) avec la livraison de 4 appareils.
  • dans la catégorie Réacteurs nucléaires; chaudières, machines, appareils et engins mécaniques (Turboréacteurs et leur pièces) :     - 52 % ; - 183 M CAD (‑119 M €) .

 

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