Embaucher un Français au Canada
FAQ
Au Canada, tout ressortissant étranger, quelle que soit sa nationalité, doit être titulaire d’un permis de travail pour exercer une activité professionnelle.
Cette obligation s’applique également lorsqu’une entreprise française implantée au Canada souhaite recruter un ressortissant français au sein de son entité canadienne. Le salarié devra donc obtenir un permis de travail, même s’il est déjà employé par la maison mère en France.
Il existe toutefois des dispositifs facilitant ces démarches. Les accords bilatéraux de mobilité entre la France et le Canada, ainsi que certains accords de libre-échange, offrent des voies d’accès simplifiées. Ils permettent notamment :
le transfert de salariés déjà en poste au sein du groupe (transfert intra-groupe) ;
l’accès facilité à des permis de travail pour les jeunes professionnels, notamment les moins de 35 ans.
Ces mécanismes constituent des leviers intéressants pour accélérer les recrutements et accompagner le développement des entreprises françaises au Canada.
Le transfert de salariés déjà en poste en France vers une entité canadienne est généralement facilité par le programme de transfert intra-groupe.
Ce dispositif s’adresse principalement aux profils stratégiques, tels que les cadres dirigeants ou le personnel exécutif chargés de développer les activités de l’entreprise au Canada. Pour en bénéficier, le salarié doit notamment justifier d’au moins 12 mois d’ancienneté au sein du groupe et être muté vers un poste équivalent ou de direction au Canada.
D’autres profils peuvent également être admissibles, notamment les collaborateurs disposant de connaissances spécialisées propres à l’entreprise, indispensables à son développement ou à ses opérations.
Plusieurs cadres juridiques existent pour encadrer ces transferts. Dans le cas des permis délivrés dans le cadre de l’Accord économique et commercial global (AECG/CETA), le permis de travail est généralement accordé pour une durée initiale allant jusqu’à 36 mois, avec la possibilité d’une prolongation de 18 mois supplémentaires.
Enfin, ce type de mobilité présente aussi des avantages pour la famille : le conjoint ou la conjointe peut obtenir un permis de travail ouvert d’une durée équivalente, tandis que les enfants peuvent être scolarisés au Canada.
D’autres solutions existent lorsque le transfert intra‑entreprise n’est pas possible.
Pour identifier la meilleure option, trois éléments clés doivent être analysés conjointement :
le profil du candidat (notamment sa nationalité et son âge) ;
son parcours (expérience professionnelle et niveau d’études) ;
les caractéristiques du poste proposé au Canada.
Cette analyse permet de déterminer si des programmes simplifiés de permis de travail peuvent s’appliquer, comme Expérience internationale Canada (EIC) ou la mobilité francophone, qui facilitent l’embauche de travailleurs étrangers dans certains cas.
Si aucune de ces voies n’est accessible, l’employeur devra recourir à une procédure plus encadrée : l’Étude d’Impact sur le Marché du Travail (EIMT), accompagnée, au Québec, d’un Certificat d’Acceptation du Québec (CAQ). Cette démarche correspond à une demande d’autorisation préalable auprès des autorités canadiennes, visant à démontrer la nécessité de recruter un travailleur étranger.
Une fois cette autorisation obtenue, le candidat pourra déposer sa demande de permis de travail et concrétiser son embauche.
Le programme Expérience internationale Canada (EIC) constitue une voie privilégiée pour recruter de jeunes talents français.
Destiné aux ressortissants de pays ayant conclu un accord avec le Canada - dont la France - ce programme donne accès à plusieurs types de permis de travail, notamment :
le permis Jeunes Professionnels (qui inclut les V.I.E) ;
le permis Stage coop ;
le Permis Vacances-Travail (PVT).
Avec le soutien d’un employeur au Canada, un candidat français de moins de 35 ans peut obtenir un permis de travail d’une durée maximale de 24 mois. L’emploi proposé doit être qualifié (catégories FEER 0, 1, 2 ou 3 de la CNP) et en lien avec son parcours académique ou professionnel.
L’un des principaux avantages de ce dispositif est sa simplicité : l’employeur n’a pas à effectuer d’Étude d’Impact sur le Marché du Travail (EIMT) ni à obtenir de Certificat d’Acceptation du Québec (CAQ). Il lui suffit de soumettre une offre d’emploi en ligne et de s’acquitter des frais gouvernementaux applicables (230 $ CAD).
De son côté, le candidat peut ensuite déposer sa demande de permis de travail, avec des délais de traitement généralement rapides, de l’ordre de 5 à 8 semaines.
Les démarches, les coûts et les délais sont comparables pour les recrutements en V.I.E. Dans le cas d’un stage, le permis de travail est généralement délivré pour une durée maximale de 12 mois.
Enfin, le coût du permis de travail dans le cadre d’EIC s’élève à 184,75 $ CAD en 2026, hors frais additionnels selon le volet choisi.
Le programme Expérience internationale Canada (EIC) offre des démarches simplifiées et des délais de traitement rapides, ce qui en fait une solution attractive pour le recrutement de jeunes talents français. Toutefois, certains points de vigilance doivent être pris en compte.
Tout d’abord, la durée du permis Jeunes Professionnels est limitée : pour les ressortissants français, elle ne peut excéder 24 mois et n’est pas renouvelable. Cette contrainte peut constituer un frein pour des besoins de recrutement à plus long terme. À l’inverse, d’autres types de permis de travail peuvent offrir une durée initiale plus longue - jusqu’à 36 mois - et faciliter ainsi la rétention des talents ainsi que leur accès à la résidence permanente.
Par ailleurs, il est important de noter que le programme EIC fonctionne par périodes d’ouverture : il n’est donc pas accessible toute l’année, ce qui peut impacter la planification des recrutements.Dans ce contexte, il est fortement recommandé de réaliser une analyse préalable avant d’engager les démarches, afin d’identifier la solution d’immigration la plus adaptée aux enjeux de l’entreprise et à la durée du projet.
Cette rubrique vise à fournir de l’information générale en matière d’immigration au Canada, à en vulgariser les termes, et ne peut être en aucun cas considérée comme un avis juridique. Pour toute question relative à cette rubrique, ou pour obtenir un avis juridique complet, contactez les professionnels d’Immétis. Les informations données sont à jour en date du 15 mai 2026 et susceptibles d’évoluer à tout moment.