La Chambre
Au-delà des symboles : ce que les entreprises attendent du rapprochement UE-Canada

À la veille du Sommet UE-Canada à Montréal, 11 chambres de commerce européennes appellent à des mesures concrètes pour les entreprises.
En septembre, le Canada et l'Union européenne ont marqué une nouvelle étape dans leur rapprochement, avec l'annonce d'une alliance stratégique sans précédent. Le 16 septembre, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé l'ouverture d'une voie vers une alliance stratégique avec le Canada, qui n'existe pas encore dans les traités européens. Le lendemain, devant le Parlement européen, le premier ministre Mark Carney a accueilli favorablement cette ambition, l'inscrivant dans la perspective d'une « alliance unique » entre le Canada et l'Europe.
Ce débat, aussi légitime soit-il, relève avant tout des gouvernements et des parlements. Ensemble, les chambres de commerce européennes au Canada représentent plus de 2600 entreprises et des milliers d’emplois engagés dans la relation économique avec le Canada. Leur demande est claire : pouvoir se développer, investir et générer de la croissance de part et d'autre de l'Atlantique.
Un accord existant, encore sous-exploité
Le Canada et l'Union européenne disposent déjà, depuis 2017, d'un accord de libre-échange complet, l'AECG (CETA), qui élimine la quasi-totalité des droits de douane entre les deux marchés. Cet outil reste pourtant sous-utilisé par les PME des deux côtés de l'Atlantique, freinées par la complexité administrative, la méconnaissance des mécanismes existants ou le manque de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles. Nos entreprises se disent prêtes à exploiter cet accord et attendent des gouvernements qu'ils éliminent les obstacles à leur croissance.
Une échéance à ne pas manquer
Un sommet UE-Canada est prévu les 29 et 30 octobre prochains, réunissant M. Carney, Mme von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa. Nous appelons les décideurs à en faire un moment utile pour les entreprises, en avançant concrètement sur :
la mobilité de la main-d'œuvre qualifiée entre le Canada et l'Europe, alors que plusieurs secteurs font face à des pénuries de talents ;
la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, encore un frein réel à l'installation d'entreprises et de travailleurs ;
l'accès simplifié aux marchés publics, déjà prévu par le CETA mais inégalement appliqué ;
la coopération renforcée dans des secteurs stratégiques déjà identifiés par les deux parties, énergie, minerais critiques, intelligence artificielle, défense, où le Canada est un partenaire non- européen pionnier, notamment via l'instrument européen SAFE dédié aux projets de défense communs ;
le rapprochement des normes et la reconnaissance mutuelle des standards techniques, notamment dans le secteur automobile, où des normes techniques, homologations et procédures de conformité encore trop divergentes entre le Canada et l'UE génèrent des doubles contrôles, des coûts additionnels et des barrières à l'entrée sur le marché.
Une position commune, par-delà les frontières nationales
Que nos organisations représentent des entreprises françaises, belges, allemandes, italiennes ou espagnoles, nous partageons une même conviction : la relation économique entre l'Europe et le Canada dispose déjà des fondations nécessaires pour se développer. Notre priorité est de maximiser ces outils existants et de transformer les prochaines discussions gouvernementales en mesures concrètes qui libèrent le potentiel des entreprises.
Une ambition politique doit trouver sa traduction économique. Gouvernements et entreprises partagent le même objectif : bâtir une relation durable et prospère entre l'Europe et le Canada. Le secteur privé investit, crée des emplois et construit les chaînes de valeur, tandis que les pouvoirs publics en créent les conditions. Chambres de commerce, nous sommes le point de contact entre ces deux mondes. Sur les quatre axes que nous vous soumettons, le potentiel est considérable. Le sommet d'octobre 2026 est l'occasion de le concrétiser en mesures opérationnelles. Nous sommes à vos côtés pour y parvenir.
C'est dans cet esprit pragmatique, apolitique et axé sur les résultats, au service de nos membres, que nous saluons les avancées annoncées cette semaine. La vision partagée d'une alliance stratégique entre le Canada et l'Europe ouvre un nouvel espace économique. Le sommet d'octobre et les rencontres à venir devront permettre de traduire cette ambition politique en mesures concrètes pour les entreprises. Dans cette période de grands changements pour le commerce international, les chambres de commerce se tiennent prêtes à accompagner celles qui cherchent des solutions.
Tribune collective :
Chambre de commerce et d’industrie française au Canada (CCIFC)
Chambre Canadienne-Allemande de l'Industrie et du Commerce
Chambre de commerce italienne au Canada (CCIC)
Chambre de commerce italienne en Ontario
Chambre de commerce italienne Ouest Canadien
Chambre de commerce espagnole au Canada
Chambre de commerce Belgique-Canada (CCBC)
France Canada Chamber of Commerce, Ontario (FCCCO)
Chambre de commerce France-Canada
Chambre de commerce et d’industrie France-Western Canada (CCI-France-Western Canada)
Chambre de commerce et d’industrie française au Canada (CCIFC)- ville de Québec